MARAICHAGE

Un groupe d'échanges en maraîchage bio actif et des formations techniques régulières

 Le GABBAnjou anime un groupe d'échanges départemental sur le maraîchage biologique et organise régulièrement des rencontres et formations.

 

Les programmes des formations et rencontres sont à retrouver à la page "Rendez-vous techniques".

 

Suites à ces journées, les comptes-rendus techniques sont à retrouver dans le Biotop, bulletin du GABBAnjou.

 

 

Et encore plus de guide technique, articles et vidéos sur le site de la CAB Pays de la Loire.


Un accompagnement technique personnalisé

Pour aller plus loin, le réseau bio des Pays de la Loire propose depuis 2007 une prestation pour un accompagnement technique personnalisé sur le maraîchage biologique.

 

NIVEAU 1 = Documents techniques

 

  • Bulletins maraîchers (20 numéros par an) : pression maladies, ravageurs, conseils techniques, annonces 
  • Taupin du Maraîcher (3 numéros par an) : cahier technique de 16 pages 
  • Mercuriale : tous les mois à partir des données collectées auprès des maraîchers 
  • Guide variétal (55 pages) : référence des variétés adaptées à la région et observations techniques

 

NIVEAU 2 : Accompagnement technique (Documents techniques +  Suivi individuel)

 

  • Documents techniques (bulletins, Taupin du maraîcher, mercuriale, guide variétal)
  • Appui personnalisé d’un technicien expérimenté en maraichage bio
  • Réalisation de 3 visites individuelles avec approfondissement d’une thématique
  • Conseils par téléphone ou par courriel
  • Possibilité de visites supplémentaires (facturées 80 € par visite)
  • Groupement d’achats

 

Plus d'information sur le contenu de cet appui technique et sur les différents tarifs, sur le site de la CAB Pays de la Loire, rubrique "Conseils maraîchage".

 

Retours sur les journées techniques

Les maraichers se sont formés pour anticiper les creux de production.

Réunis le 6 Novembre 2014 à Beaufort en Vallée, 14 maraichers et porteurs de projets se sont réunis afin d’étudier diverses solutions pour éviter le creux de production du printemps. Le matin, en salle, Amandine Gatineau, technicienne maraichage à la CAB, a présenté des pistes techniques et d’organisation, illustrées par les expériences des maraichers présents. L’après-midi, le groupe a visité la ferme Bio Vallée sur laquelle Stéphane Peltier et Cyrielle Bouthier ont exposé les pratiques qu’ils ont mis en place pour optimiser la planification.



Les participants à la formation l’ont confirmé : en maraîchage diversifié, on observe souvent chez les producteurs un "trou de production" au printemps, entre avril et juin. A cette période, les légumes de conservation sont écoulés, et les légumes d'été ne sont pas encore arrivés. Ce creux de production est toujours difficile à gérer pour les maraîchers, particulièrement en vente directe. Ils peuvent perdre régulièrement des clients car les étals de marchés et les paniers livrés sont peu garnis.

Une meilleure gestion de la planification peut pourtant permettre de combler ce creux de production.

 

Le groupe de stagiaire a mis en évidence qu’il existe différents objectifs à la planification, et que plusieurs paramètres sont à prendre en compte :


 

Economiques

Agronomiques

Techniques

Objectifs

-   Continuité et lissage de la gamme sur l’année

-   Gestion du temps et de la charge de travail

-   Organisation et répartition du travail et de la main d’œuvre

-   Fidélisation de la clientèle

-   Optimisation de la surface

-   Rotation et durabilité agronomique

 

-   Optimiser la culture

 

Paramètres à prendre en compte

-   Les quantités à prévoir

-   Les marges (prix et charges)

-   Le(s) type(s) de vente

-   Contrainte de la rotation

-   Contexte pédoclimatique / lune

-   Cycle cultural

-   Mode de production

-   Choix des variétés

-   Capacité de conservation

-   Assolement

-   Irrigation

-   Fertilisation, protection des cultures

-   Densités

-   Surfaces

-   Rendements

Retour sur la visite du 4 août 2009

Maîtriser la production de tomate et de concombre


Compte rendu de visite du 4 août 2009 à Beaulieu sous la Roche (85)

 

  Afin de découvrir la production de ces 2 légumes d'été, les maraîchers du GMB 49 se sont déplacés en Vendée où Michel Roblin qui s'est spécialisé sur ces 2 cultures, a accepté de faire part de son expérience.

 

Une spécialisation dans les marchés de gros…

Michel s'est installé en 1984 et est passé en bio en 2000. Il est aujourd'hui sur 1,6ha en maraîchage et raisins de table, dont 40 ares sous grands tunnels. La commercialisation se fait uniquement auprès de grossistes.

La conversion en bio a été motivée par un désir de mieux valoriser ses produits.

Aujourd'hui, Michel essaie d'anticiper la reprise de son exploitation. Il pense arrêter la partie vigne d'ici 2 ans et recherche un terrain pour compléter sa gamme (plein champ). Ainsi, il espère avoir 4ha pour permettre une installation en légumes sur de bonnes bases.

Michel a intégré l'association Bio Loire Océan dans le but de mieux commercialiser ses produits. A travers Bio Loire Océan, le principal client de Michel correspond aux plateformes d'achats Biocoop, mais il vend aussi sur le MIN de Nantes, pour plusieurs grossistes (Chantenat, province Bio, …). Cependant, grâce à une meilleure réactivité, un meilleur prix et un délai de paiement plus court, c'est le fonctionnement de travail avec Bio Loire Océan et Biocoop qui le satisfait le plus. De plus, les grossistes du MIN de Nantes ne s'engagent pas avec les producteurs sur une planification comme le fait Biocoop, et c'est un peu la loi du marché comme celle qui règne en conventionnel. Bio Loire Océan représente donc un confort pour Michel.

Dans le secteur de Beaulieu sous la Roche, il y a uniquement un autre maraîcher, installé en AMAP. Par conséquent, Michel est régulièrement sollicité pour des circuits de ventes courts, mais le fonctionnement de son exploitation ne lui laisse pas le temps nécessaire pour cela. La RHD tape aussi à sa porte, mais pour l'instant, ce marché reste trop ponctuel pour intéresser Michel, dont la gamme de produit est restreinte.

 

… Et dans les légumes d'été

Michel Roblin a cherché des cultures qui lui permettaient de bien répartir son temps avec la partie vigne. En effet, celle-ci lui accapare beaucoup de temps entre mi septembre et décembre, avec la partie vendange, vinification et ensuite l'entretien et la taille de la vigne. Des cultures d'été, pour lesquelles le pic de travail se situe entre mars et septembre, étaient donc l'idéal.

 

Aujourd'hui, il a donc 40 ares de tunnels sous lesquels 10 ares de raisins de tables côtoient les tomates grappes (15ares) et les concombres (15 ares). Dans la rotation entrent aussi les salades et bien sur, un engrais verts. La fin de la culture de concombre arrive tôt et permet la plantation de salades juste avant les vendanges. Derrière tomate, dont la saison se termine plus tard, Michel met en place un engrais vert, à base d'avoine ou de blé.

 

5 tomates par grappe : ce n'est pas un hasard mais un choix "mûrement" réfléchi!

Michel commercialise des grappes de 5 tomates. Et pas 6!

En effet, s'il laisse 6 tomates par grappes, l'écart de maturité et de couleur entre les tomates est trop grand. Il faut donc tailler les grappes pour ne laisser que 5 tomates au final.

 

Quant au choix de la variété, c'est encore un dilemme : les variétés "rondes" sont meilleures que les vraies variétés "grappes", mais elles se détachent; pour l'instant, Michel arrive à commercialiser en grappe une variété "ronde" malgré ce problème; il n'a pas encore eu de remarque de la part de ses clients, mais cela peut poser problème.

Plusieurs variétés sont possibles : variété Culina, semi grappe qui tient bien, a longtemps été utilisée par Michel. Les propriétés gustatives des variétés "grappes" n'ont pas convaincu Michel; en revanche, la variété Gahéris est belle et bonne. Le problème, c'est une "ronde".

 

Pour les concombres, ce sont les variétés Ozon et Aramon, en particulier pour leur bonne vigueur qui convainquent le plus Michel.

Ozon est très productif et long, mais il a du mal à se bouter et il a tendance à plus couler qu'Aramon; qui, quant à lui, est plus gros et plus court.

 

En concombre, on ne laisse pas de fruits jusqu'à la hauteur de la ceinture. Au dessus, on en laisse 1 sur 2, choisi en fonction de la qualité, afin de ne pas trop fatiguer le jeune plant.

 

Des plants bien choisis

Michel se fournit chez Arrivé (Charentes) depuis 2 ans suite à des problèmes de mildiou chez son ancien fournisseur.

Les tomates et les concombres sont greffés (2 têtes en tomates). Ces plants sont plus chers, mais restent tout de même intéressants. En effet, avec ces plants, il y a moins de temps de travail lors de la plantation, ils nécessitent moins d'arrosage, sont plus productifs (surtout sur des sols qui "supportent" beaucoup de tomates dans la rotation) et présentent une meilleure résistance aux attaques de pathogènes et de ravageurs.

 

Des sols préservés

Il est vrai que ses sols pourraient fatiguer à force de supporter des rotations tomates-concombres. Michel réalise tous les ans une analyse de sol afin de surveiller ça, et ajuste sa fumure en fonction des résultats. Celle-ci se compose de fumiers de cheval ou d'humus, et de fientes d'oiseaux, apportée en une seule fois.

 

Guano marin (10/4/7)

Végéthumus ou Bochevo (N : 2 à 2,5)

10kg/are

40 à 50kg/ha

 

Les années précédentes, des apports réguliers étaient fractionnés, mais ce fonctionnement était plus contraignant ; il fallait enlever et remettre le paillage à chaque apport. Le fonctionnement actuel convient mieux à Michel.

 

L'entretien des allées pour un passage plus aisé

Tous les ans, avant la plantation, les allées sont tassées à l'aide d'un vibreur (loué 40€ la ½ journée), à raison d'un aller-retour par allée, cela dans le but de faciliter le passage des chariots à roulettes des cueilleurs, et donc de gagner du temps.

 

Ces allées sont recouvertes d'un paillage blanc pour 2 ans. Le blanc permet le reflet de la lumière vers les plantes. Au pied des plants, le paillage, biodégradable, est noir (Biotello).

Pour le tuteurage, la ficelle blanche classique est préférée, même si elle nécessite beaucoup plus de temps pour la retirer quand on débarrasse les serres. En effet, la ficelle biodégradable, qui reste par ailleurs plus chère à l'achat, a tendance à casser sur les tomates. En revanche, elle convient plus sur les concombres (gain de temps au nettoyage des allées). Pour les tomates, le "porte manteau" est toujours décalé, de façon à ce que le plant reste toujours en dessous du fil.

 

 

L'irrigation maîtrisée 

L'eau utilisée provient de l'étang et une pompe permet une pression constante dans le réseau.

Michel fonctionne en goutte à goutte. Il y a un goutteur par pied de tomate et 2 par pied de concombre.

 

Le goutteur fournit 2l/h.

Certains producteurs trouvent que le système de goutte à goutte ne permet pas un excellent développement racinaire, mais chez Michel, comme les zones humides se rejoignent, les racines se développent bien et sont même dans les passe-pieds.

L'équipement se compose d'une électrovanne par tunnel, avec un programmateur. Ainsi, chaque pied (tomates ou concombre) reçoit au maximum 2L par jour. En général, ils sont irrigués pendant 1h/jour, fractionnée en plages de 10 minutes pour le concombre, et 8 minutes pour la tomate.

Une température de 20°C minimum est requise dans les serres pour arroser les tomates. En effet, en dessous de cette température, la tomate n'absorbe pas l'eau.

 

La lutte contre les pathogènes et ravageurs, basée sur la Protection Biologique Intégrée.

Michel Roblin travaille avec la société Symbiose PB, basée sur la Loire Atlantique (peut aussi intervenir dans d'autres départements limitrophes).

Un planning est établi en début de saison avec le technicien par rapport à l'arrivée des plants. Ainsi, l'espace est occupé dès le début de la culture par les auxiliaires, avant même que les bioagresseurs arrivent. Ce système fonctionne bien.

 

En général, les producteurs appellent la société quand le problème est déjà présent et les auxiliaires ont plus de mal à réduire les populations de ravageurs : les résultats sont moins bons.

Contre les pucerons, acariens et thrips; Michel utilise Amblyseius Cucumeris, un acarien prédateur, dès la plantation.

A cette lutte intégrée s'ajoute les coûts, minimes, des traitements "classiques" : du soufre contre l'oïdium sur concombre, du cuivre contre le mildiou, ainsi que l'effeuillage.

Contre les pucerons, Michel étudie aussi la possible mise en place de plantes relais.

Michel ne rencontre pas trop de problèmes liés aux aleurodes grâce à la lutte préventive à l'aide de panneaux englués, et en introduisant Encarsia formosa, une micro-guêpe parasite et Macrolophus caliginosus, une punaise prédatrice.

Par ailleurs, des chrysopes et leur larves sont souvent naturellement présents dans les tunnels en bio et sont très efficaces contre les pucerons, acariens et les thrips.

 

Pour cette structure, il faut compter tous les ans 1000€ pour 3000m² en PBI, hors ruche. Il faut rajouter à cela le coût des ruches qui s'élève à 640€/an (80€/ruche), soit 160€/tunnel.

 

La pollinisation, étape clé en tomate grappe

Pour la pollinisation des tomates, Michel utilise tous les ans 4 ruches de bourdons, soit une ruche par tunnel. Celles-ci sont mises en place dans les tunnels, maintenus fermés au début pour que les bourdons ne s'échappent pas, dès l'apparition des premiers bouquets sur tomates (aux environ du 10 avril). Chaque ruche dure de 8 à 10 semaines, et est renouvelée une fois, début juin. La 2ème ruche reste en place 6 à 7 semaines.

Pour la commercialisation de tomates en grappe, une bonne pollinisation est primordiale; en effet, il est très important qu'il ne manque pas de fruits sur la grappe.

 

Des rendements réguliers, d'années en années

Concombre

Tomates

26 concombres/m² entre le 26 mai et le 4 aout

12,3t/1500m², soit 8,2 kg/m² entre le 26/05 et le 4/08 et 13kg/m² attendus d'ici la fin de saison

 


La production de concombres, ainsi que le poids moyen d'un concombre, ont été meilleurs cette année, ce qu'on peut probablement attribuer à l'apport de fumure de fond plutôt que fragmentée. En effet, le concombre est très exigent en ce qui concerne la fumure.

 

En 2009, les pieds de tomates ont fatigué en cours de culture et ils ont reçu un apport de fertilisation sur pied.

 

On compte 15 bouquets par pieds de tomates et 2,3 têtes/m² en moyenne.

Par ailleurs, ce sont des produits qui se valorisent bien, à condition de trouver la variété qui convient. En tomate grappe, le prix moyen sur la saison 2009 a tourné autour de 1,6€:kg et autour de 1,10€/kg en tomates vrac.